Il y a un an

Il y a un an nous étions le 29 novembre 2016.

Il y a un an nous étions 14h15.

Il y a un an je rejoignais ma copine Cléa à la bibliothèque.

Il y a un an j’étais emmitouflée de multiples épaisseurs sous mon gros manteau.

Il y a un an je sortais de chez moi sereinement.

Il y a un an j’écoutais simplement de la musique avec mes écouteurs la tête dans mon écharpe.

Il y a un an j’ai fait trois mauvaises rencontres d’un coup.

Il y a un an je croisais trois jeunes hommes d’une vingtaine d’année sur le trottoir d’en face.

Il y a un an je me suis fait insultée de pute et de salope à trois mètres de moi sur le trottoir d’en face.

Il y a un an un accident s’est produit.

Il y a un an ces trois hommes ont traversé la rue pour me rejoindre.

Il y a un an je me suis faite plaquée contre un mur en pleine rue.

Il y a un an ces trois individus me demandaient « Tu nous suces pour combien tous les trois ? »

Il y a un an ils m’insultaient de pute, de salope les yeux dans les yeux.

Il y a un an j’ai perdu mes moyens et le contrôle de la situation.

Il y a un an j’étais paralysée face à cela.

Il y a un an on s’est permis de toucher ma poitrine sans permission.

Il y a un an j’ai vécu des attouchements sexuels.

Il y a un an j’étais dans une rue avec des passants.

Il y a un an je me suis demandé comment j’étais habillée.

Il y a un an je me suis demandé « pourquoi moi ? ».

Il y a un an je me suis dit « et si c’était allé plus loin ? »

Il y a un an j’ai tracé ma route pour rejoindre ma copine Cléa à la bibliothèque.

Il y a un an je me suis renfermée sur moi et j’ai encaissé, sans rien dire. Même à Cléa.

Il y a un an je me suis fait agressée dans la rue en pleine après-midi par trois types et personne n’a bougé le petit doigt.

Il y a un an je perdais une fois de plus confiance en moi.

Il y a un an je me retrouvais au poste de police à expliquer la situation, devant mon père.

Il y a un an je me suis remise en question sur mon statut de jeune femme, de ma tenue vestimentaire et de mon comportement en public.

Il y a un an j’ai été victime d’une agression.

 


J’avais envie de mettre des mots sur ce que je ressens. Parce qu’à vrai dire, je l’ai jamais fais pour cet événement là. Je n’ai pas fais ça pour chercher la peine, simplement pour vous faire part de ce qu’il s’est produit. De tourner la page définitivement. Je suis quand même ouverte à toutes questions ou commentaires.J’ai mis énormément de temps à publier cet article, il est rester sous Word pendant quelques mois. C’est une partie de moi encore fragile. Ce que j’ai vécu n’est qu’une infime partie de ce que certaines vivent. Mais ça me tenait à cœur de vous faire part de ceci. J’ai mis du temps à mettre le mot « agression » sur cet événement. Après un an, je n’ai rien oublié. J’essaie de reconstruire cette part de confiance en moi qui me manque. Je tenais à dire que si jamais dans la rue vous croisez quelqu’un se faire emmerder, agissez, s’il vous plaît AGISSEZ ! Vous aurez fait une bonne action et on vous le rendra, oui je crois au karma. Malheureusement le nombre de nanas que je vois se faire emmerder dans la rue, dans la tram ou ailleurs, et que j’observe qu’il n’y a jamais personne qui bouge son cul ! Ça me rends dingue. Alors évidemment je sais que c’est compliqué de faire le premier pas mais à un moment il faut se rendre à l’évidence, et si c’était vous ? N’hésitez pas à jouer le rôle de la sœur, la copine ou la cousine.

 

D’ailleurs sur Twitter j’ai retweet un tweet qui m’a plu, si vous avez Twitter n’hésitez pas à m’y rejoindre. Mais voici le lien de ce tweet : Marie S’infiltre D’ailleurs je kiffe cette nana !

Bonne journée,

signature fin d'article

Publicités

10 commentaires sur « Il y a un an »

  1. Au mauvais endroit, au mauvais moment. L’évènement, tu ne l’oublieras jamais, ce qu’il faut que tu oublies, c’est la date, afin de rendre l’évènement loin de toi.
    Pour certaines personnes, expliquer ce que tu as vécu ( dans ce vécu-là) est mal vu, faible, tabou, pour te rendre intéressante …
    Pour ma part ( et sans orgueil ce qui devrait être pour tout le monde), je te félicite. Avant d’être une preuve de courage, c’est un pas en avant. Même si je suis un homme, physiquement, psychologiquement et socialement, je me mets à ta place et j’essaie de te comprendre. Dans la vie, ce qui est passé est passé ( je suis allé chercher très loin là). Te défendre sur le moment, tu ne peut plus le faire. Te faire défendre, aucun ne l’a fait ( bande d’enculés). A toi d’avancer. Violence ou pacifisme ? Aller taper dans un sac de boxe ou écrire ? A chacun sa manière. Les deux, c’est bien, ça se complète. Belle rédaction, émouvante, prenante et combattante. Ne vous rabaissez pas, restez femme.
    C’est un combat, que nous devons mener à plusieurs, victimes ou non victimes, femme ou homme.
     » Tout ce qui ne tue pas rend plus fort  » , Nietzsche

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s